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Les petits plaisirs coupables

 
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veggie11
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PostPosted: Sat 29 Nov - 18:49 (2014)    Post subject: Les petits plaisirs coupables Reply with quote

Voilà enfin le sujet que je pensais ouvrir sur Animeland, mais comme une version similaire existait déjà, il est désormais disponible sur ce forum tout neuf. Il arrive bien souvent qu'un film ou un anime moyen voire très médiocre parvienne malgré tout à nous faire passer un bon moment. Dans mon cas par exemple, je pense à Guyver, série d'OAV à la réalisation bof bof et au scénario rempli de clichés (sans parler de la VF qui malgré la présence de Fabrice Josso et de Mark Lesser restera dans les annales avant tout pour le jeu caricatural de ses comédiens et non pour ses éventuelles qualités). Pourtant, malgré tous ses défauts, j'aime bien me regarder ses OAV pas prises de tête et avec un côté second degré efficace. Hélas la suite, que je trouve plus intéressante, n'a jamais été rééditée en DVD.

Et vous, quels sont vos petits plaisirs en matière de cinéma bis ?  

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PostPosted: Sat 29 Nov - 18:49 (2014)    Post subject: Publicité

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mauser91


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PostPosted: Sun 30 Nov - 20:32 (2014)    Post subject: Les petits plaisirs coupables Reply with quote

Du coté de l'animation, mes plus grands plaisirs coupables restent Tom & Jerry, le Film, et deux Lupin-Edgar : L'Or de Babylone et le Dictionnaire de Napoléon Wink

Je ferais la liste pour les film-live ^^
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mauser91


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PostPosted: Mon 1 Dec - 20:30 (2014)    Post subject: Les petits plaisirs coupables Reply with quote

Rock-O-Rico j'avais oublié de le citer dans les animations ! Il peut être très frustrant (c'est vraiment un film de Don Bluth ?) et saoulant (le narrateur qui intervient tout le temps) comme il peut-être purement jouissif (je me tâte encore, je l’achète ou pas).
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gexian


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PostPosted: Mon 1 Dec - 22:57 (2014)    Post subject: Les petits plaisirs coupables Reply with quote

Du coup on reste dans le cinéma bis ou on en sors ? Parce que dans ce cas-là, si on part dans d'autres sujets et supports culturels, y en a des choses !
(Et puis c'est quoi le cinéma bis au fait ? Mr. Green la chieuse....)
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veggie11
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PostPosted: Mon 1 Dec - 23:00 (2014)    Post subject: Les petits plaisirs coupables Reply with quote

On peut parler de cinéma live et d'animation, peu importe, du moment que ça reste du plaisir coupable ! Pour moi le cinéma bis englobe des œuvres de très moyenne qualité (tant au niveau du scénario que du côté technique), voire assez ratées, mais auquel on reste attachés malgré leurs gros défauts. Je ne parle pas forcément de nanars !

Maintenant si vous avez d'autres propositions, on peut toujours dériver sur d'autres supports et dans ce cas je modifierai le premier message !
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gexian


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PostPosted: Mon 1 Dec - 23:29 (2014)    Post subject: Les petits plaisirs coupables Reply with quote

Ok je vois ce que tu veux dire.

Je pensais aux livres qui étendent les univers des séries TV à la mode. Je me souviens avoir lu des romans de la série Buffy, et franchement, c'était pas terrible, autant au niveau écriture que scénario (et je ne parle même pas de la qualité du papier et de l'impression). Ce n'était vraiment pas grandiose, mais en tant que fan je prenais toujours un grand plaisir à les lire !
Objectivement (autant qu'on puisse l'être) parlant, il n'y avait pas beaucoup d'effort dans le livre, mais comme ils étaient sur une franchise qui marchait, ils pouvaient se permettre. Les éditeurs savaient qu'ils en vendraient toujours assez pour faire du bénéfice.
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Natth


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PostPosted: Tue 2 Dec - 21:19 (2014)    Post subject: Les petits plaisirs coupables Reply with quote

J'ai reçu un DVD de la série Guyver par erreur, à la place d'un coffret Kyou Kara Maoh. J'ai bien reçu le coffret souhaité, mais le vendeur m'a laissé le Guyver sans doute pour éviter des frais d'envoi (pour sa pomme cette fois-ci) supérieurs au prix du DVD. Comme il y avait l'air d'avoir une bonne dose d'action et qu'acheter le second DVD ne me coûtait presque rien, j'ai complété la série. J'ai regardé le début il y a quelques mois. Ce n'est clairement pas une bonne série, le graphisme a un côté... Statique ? Pas assez travaillé ? Les personnages sont archi-classiques et on sait facilement comment un épisode va finir avant qu'il ne commence. Pourtant, cette série d'action débridée a quelque chose de jouissif. Ca bouge tout le temps, on ne s'ennuie pas et vu le prix c'est mieux que je ne le pensais.

Dans le même genre, je citerais Fatal Fury ou certains animes basés sur des jeux de baston (j'ai oublié le nom -__-). Ca ne vole pas très haut, mais ça distrait bien pendant vingt minutes (ou plus pour les OAV).

Sinon, j'ai particulièrement apprécié certains BL très glauques, vu ce que l'auteur tentait de développer à côté des viols/tortures/meurtres/traumatismes divers et variés. Le problème est que les scènes choquantes étaient souvent trop présentes, alors que la mise en place d'un univers difficile n'en demandait pas tant. Pour moi, c'est ce qui noie des univers prometteurs sous du fan-service douteux. On pourrait à l'inverse citer Ai no Kusabi, où on installe une histoire très intéressante dans un univers dur et bien détaillé. Mais c'est très, très loin d'être une oeuvre de mauvaise qualité.

Edit : Allez, je vais citer des titres parce que je suis quand même là pour ça. Mais n'allez pas vous plaindre si vous tentez de les lire ! Je pense notamment à West End et Sadistic Boy. J'adore le style graphique des deux, ce qui m'a probablement aidée à apprécier ces séries en dépit de leurs défauts.

Je dois être un peu hors-sujet pour les BL, car je parle de mangas. Vu le contenu des séries en question, je ne pense pas voir un jour une version animée. En revanche, Ai no Kusabi est une série de romans adaptée en deux versions animées (non finie par manque d'argent pour la seconde).
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gexian


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PostPosted: Tue 2 Dec - 22:31 (2014)    Post subject: Les petits plaisirs coupables Reply with quote

Rhooo ça me fait penser à Zetsuai ce que tu racontes Natth. Et la suite, Bronze : Zetsuai.
Le manga Zestuai, est assez glauque, mais sa suite Bronze est encore pire. Et je ne te parles même pas des clips officiels Nanjou Koji que l'on trouve dans la vidéo "Cathexis". Au niveau musical, pas de problème, mais au niveau des images c'est le florilège : style SM, style chrétien, style Nazi, style "50 nuances de Nanjou", style mad max, style vampire, etc. Tout ça n'est pas très sain, mais j'aime quand même beaucoup ces vidéo dans leur style décomplexé.

Bref, je suis comme Natth, de temps à autres j'aime bien.
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Yupa


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PostPosted: Sat 17 Jan - 20:56 (2015)    Post subject: Les petits plaisirs coupables Reply with quote

  C'est pas mal, comme sujet !
  J'en ai un certain nombre, car j'ai toujours adoré la "vraie" recherche intellectuelle, philosophique, lettrée, toussa toussa, mais en gardant la ferme conviction qu'il faut à tout prix savoir garder une dose de "connerie équilibrante", et j'apprécie beaucoup les gens qui procèdent comme cela.
  Alors en manga il y a du Go Nagai par exemple, un champion du mauvais goût ! "Les 5 d'Abashiri" en deux épais volumes, est farci d'idées grotesques, délirantes, sadiques, libidineuses, mais que d'imagination tout de même ! et la "naïveté" du dessin pousse plus à en rire qu'à s'en inquiéter. Il s'agit d'un "gang familial" de frères (dont une soeur "canon") qui sortent absolument pas repentis du célèbre bagne d'Abashiri au Nord d'Hokkaido, et qui s'empressent de recommencer leurs délits de sales teignes - pas bien méchants en fait. 
  Chez le même auteur d'origine, il y a "Cutie Honey", le film live, assez mal joué et avec des méchants déjantés à plaisir, mais que je garde précieusement !
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"La seule adoption de l'enfermement des femmes en sérails nous rendrait en peu de temps barbares, et la seule libération des femmes du carcan qu'elles subissent ferait passer les barbares à la civilisation." (Charles Fourier, 1808)
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veggie11
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PostPosted: Mon 20 Apr - 12:32 (2015)    Post subject: Les petits plaisirs coupables Reply with quote

Vous vous souvenez qu'en janvier dernier je vous avais parlé qu'un jour je vous parlerais de mon film live que je prends le plus de plaisir à voir malgré ses gros défauts ? Hé bien j'ai décidé de le faire ce week-end si tout va bien et je continuerai sur la lancée avec une série TV russe qui évoque le même thème mais très différemment. Pour donner quelques indices, ce film se passe en Russie au milieu du XIXe et l'histoire tourne autour d'une histoire d'amour qui a été adaptée au cinéma avec l'actrice ayant interprété tous les Sissi (sauf que je ne vais pas vous parler de cette version).
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veggie11
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PostPosted: Sun 26 Apr - 20:05 (2015)    Post subject: Les petits plaisirs coupables Reply with quote

J'ai promis d'en parler ce week-end, je tiens ma promesse ! Aujourd'hui je vous présente donc mon plaisir coupable préféré en termes de film, car malgré ses gros défauts j'aime toujours le regarder par pure distraction.


Katia (1938) réalisé par Maurice Tourneur



Ou la romance entre le Tsar Alexandre II (1818-1881) et la princesse Catherine Dolgorouky (1847-1922)

Vous avez peut-être entendu parler de la version 1959, remake ambitieux (plus d'importance donnée aux troubles et aux origines politiques des événements), mais que je trouve particulièrement fade et assez caricatural. J'aime bien Curd Jürgens, mais dans ce film il n'avait pas trop sa place; en plus comble de l'ignominie, ils ont oublié de le maquiller de manière ressemblante et l'ont laissé imberbe ! Romy Schneider est charmante comme d'habitude, mais elle nous refait la même chose que dans les Sissi. D'ailleurs, c'est le même réalisateur pour le Katia de 1959 et les Sissi, ça doit expliquer tout ça.

La version 1938 est certes plus mélodramatique, pas plus fidèle à la réalité historique, assez naïve par moments, mais il s'en dégage un certain charme. Sans doute est-ce pour cette raison que je privilégie cette adaptation par rapport à celle - plus connue - de 1959.

Pour évoquer un peu les sources de cette histoire trèèèès romantique (dans le film hein !), il est bon de savoir que les personnages principaux présentés dans le film ont réellement existé. Leur histoire est vraie, même si bien sûr les deux réalisateurs ont pris d'énormes libertés avec les événements réels et ont rendu leur relation plus ''rose'', assez proche de ''Cendrillon'' par moments (les Américains feront un peu pareil avec leur ''Anastasia'' de 1997). Pour en savoir plus sur les deux protagonistes, je vous invite à vous rendre sur ces liens internet :

http://www.herodote.net/Alexandre_II_Romanov_1818_1881_-synthese-160.php

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ekaterina_Mikhaïlovna_Dolgoroukova

Leur relation aurait pu tomber dans les oubliettes de l'Histoire si en 1937, une certaine Lucile Decaux (de son vrai nom Princesse Marthe Bibesco) n'eut l'idée de publier un roman intitulé ''Katia, le démon bleu du tsar''; peut-être s'inspira-t-elle même du livre de Maurice Paléologue, paru 15 ans plus tôt : ''Le roman tragique de l'empereur Alexandre II''. Paléologue était un témoin de l'époque et livra un récit assez convainquant et proche de la réalité. Le roman de Marthe Bibesco, par contre, s'en écarte beaucoup plus et pourrait presque ressembler à n'importe quel titre de la collection Harlequin (vous savez ces romans à l'eau de rose dont les personnages principaux sont souvent assez superficiels). Durant des années, j'ai écumé les librairies, les marchés aux puces pour dénicher un exemplaire (avant d'apprendre que le roman n'a plus été réédité après 1976), alors que mon intérêt pour l'époque commençait à émerger (Alexandre II reste mon tsar préféré, bien loin devant un certain Nicolas II un peu trop connu pour sa famille et sa mort plus que pour ses véritables capacités politiques). La lecture en fut finalement assez décevante : en dehors de la mise en page typique de l'époque, de l'écriture plutôt agréable et de quelques chapitres assez sympas, le récit est assez convenu et peu convainquant. Je passe sur les nombreuses fautes historiques et LA fameuse scène de fin qui sombre dans le n'importe quoi mélodramatique.

Hélas, les deux adaptations de 1938 et de 1959 ne prennent pas le livre de Maurice Paléologue pour référence, mais bien celui de la princesse Bibesco. Heureusement, la version de 1938 parvient un peu à transcender le livre pour prendre une direction un peu différente tout en prenant en compte les principaux événements-clés du récit. Et je dois dire que ça passe assez bien. Si on retrouve des éléments communs (le caractère espiègle et rebelle de la jeune Katia, son influence sur l'empereur, les derniers événements avant la fin), le réalisateur préfère se concentrer sur la relation entre les protagonistes, tout en rajoutant de temps à autres des scènes bien sympathiques; un peu comme s'il cherchait à s'amuser de cette histoire finalement très rose.

Dans la version 1938, Katia est jouée par une petite nouvelle, Danièle Darrieux (grande future vedette du cinéma français), qui  nous offre une prestation très honorable et donne plus de sympathie au personnage. Son partenaire John Loder, acteur d'origine britannique, plutôt bel homme (dans le film du moins) prête ici ses traits au tsar. La ressemblance entre les deux acteurs et leurs équivalents historiques est assez vague, d'autant que l'accent anglais de l'acteur a du mal à passer chez un empereur russe (au moins a-t-il une moustache, pas comme Curd Jürgens). Il aurait été plus appréciable de faire appel à un acteur français, ça aurait bien moins gêné, sachant que le tsar parlait parfaitement cette langue (et sans accent). Les autres acteurs sont tous Français (ou du moins francophones) et se débrouillent assez bien, notamment Marie-Hélène Dasté qui campe une tsarine vraiment touchante.

Incontestablement, le film a pris un sacré coup de vieux : tout des décors à la mise en scène et au jeu des acteurs (ainsi que leur intonation) montre bien que nous sommes face à un film des années 30. Les maquettes sont très voyantes (le palais paraît bien petit par rapport à la réalité), la neige fausse, les décors faux, la lumière artificielle, etc. La réalisation est aussi plutôt conventionnelle, d'autant que la filmographie de Maurice Tourneur semble plus tourner dans le registre du bon vieux film policier à la française qui manque tant au cinéma français de nos jours. Mais en dehors de ce côté assez vieillot et kitsch, c'est surtout au niveau du récit et des dialogues que le film tire son épingle du jeu.

La première partie du film se concentre sur la première rencontre entre Katia (encore adolescente) et l'empereur puis le début de leur relation. Katia est présentée comme une enfant espiègle et rebelle, qui s'amuse à chanter La Marseillaise au grand désarroi de son père le prince Michel, persuadé que la responsable en est Mlle Trépeau, professeur de français de la jeune fille et qui sera durant tout le film un soutien considérable pour son élève. Par ailleurs, avant de le rencontrer, elle déteste l'empereur comme tout autre Romanov, car sa grande-tante Catherine aurait dû épouser le jeune tsar Pierre II, mais le couronnement n'eut finalement pas lieu et elle ne devint donc jamais impératrice. Les sentiments haineux de notre Katia vis-à-vis de cet empereur qu'elle n'a jamais connue conduit à des scènes assez comiques où elle parodie le texte de compliment destiné au tsar. Mais finalement, obligée de passer la soirée à table avec lui puisque tout le reste de sa famille souffre d'une sévère influenza, Katia apprend à le connaître et commence à changer d'avis.


Quelques années après, alors que son père est désormais décédé et que la famille s'est retrouvée sans un sou, Katia fréquente l'institut Smolny, un établissement accueillant des jeunes filles ruinées de l'aristocratie russe, où elle n'est pas très bonne élève (sauf en français nous apprend sa directrice). Soutenu financièrement par la Couronne et notamment la tsarine, l'établissement reçoit régulièrement la visite du couple impérial, mais ces derniers temps l'empereur se présente seul - en fait, l'impératrice souffre de phtisie (ancien nom d'une forme de tuberculose), une terrible affection qui la minera jusqu'à ses derniers jours. Habituellement, la meilleure élève de Smonly est choisie pour tenir compagnie au tsar durant une promenade en traîneau. Mais ce jour-là, c'est Katia qu'il choisit alors qu'elle n'a pas les qualités requises.


Katia encore élève à Smolny a le privilège de se promener avec le tsar en personne

Puis le jour de son premier bal, Katia se retrouve devant la cour et obtient l'autorisation de danser avec le tsar, privilège inespéré qui stupéfie tous les témoins présents. Bien vite, les rumeurs courent et on comprend que le tsar a jeté son dévolu sur cette jeune intrigante...


Le prince Michel met en garde sa soeur sur les dangers auxquels elle s'expose

C'est ainsi que la relation entre Katia et le tsar va tenter de survivre entre les rumeurs, le mépris (très compréhensible) de l'aristocratie russe et les tentatives d'assassinat de plus en plus fréquentes que va connaître le tsar avant que les responsables ne viennent finalement à bout de leur victime dans les dernières minutes du film... Scène tragique mais bien réelle.


Les deux amants surpris par l'entrée en scène de l'impératrice

Mon passage préféré reste le passage à Paris, en juin 1867. Alors que Katia est réfugiée avec Mlle Trépeau à Paris pour fuir les rumeurs, le tsar se rend sur place pour assister à l'Exposition Universelle organisée par Napoléon III. Mais après une tentative d'assassinat, l'empereur préfère se distancer des fastes et faire incognito le tour de la ville avec Katia. Ils tombent tous les deux sur un habitant de la capitale, personnage-type du Français moyen à la langue bien pendante; porteur de bains à domicile (où il prétend avec stupeur que certains prennent même un bain par mois ! On est loin des conventions d'hygiène actuelles...), L'ouvrier prend l'empereur pour un cosaque et n'hésite pas à lui poser des questions sur le caractère du tsar (''Ton tsar, c'est pas un tyran ? Parce que moi les tyrans ça me donne des aigreurs''). J'apprécie particulièrement le dialogue mémorable ci-dessous :

L'ouvrier : Et qu'est-ce que tu fais dans le civil ?
Le tsar : C'est un métier qu'on n'exerce pas beaucoup en France
Katia : Mais il est établi à son compte !
L'ouvrier : Mais tu es content ? ça marche ?
Le tsar : Oh si, il y a de bons moments




Plus tard dans un bar, l'ouvrier (qui n'a pas de nom) fait appel à une bande de potes et à sa femme Sidonie pour leur présenter ses nouveaux ''amis''. L'humour de toute cette partie est très vaudevillesque et donne un peu l'occasion au réalisateur de tourner en dérision ses compatriotes parisiens. L'ambiance est très populaire et satirique, apportant une excellente fraîcheur celle plutôt rose du film. Surtout qu'après cette scène à Paris, le ton du film se fait plus dramatique; les attaques contre Katia se font plus vives, les attentats contre le tsar se font plus violentes et surtout plus fréquentes (même si le film ne donne pas trop cette impression puisqu'on peut compter au maximum 3-4 tentatives sur les sept qu'essuya réellement Alexandre II), après la mort de l'impératrice abandonnée de tous, Katia parvient enfin à se faire épouser par le tsar et nourrit alors l'ambition de devenir impératrice, cérémonie qui n'aura finalement pas lieu. Le jour où elle essaye le costume du couronnement, l'empereur est finalement tué par une bombe alors qu'il assistait à une revue.


Katia supplie l'empereur de calmer la tension en ville par la promulgation d'une future Constitution

J'avais toujours crains que la version 1959, puis la version 1938 quand j'ai appris son existence, s'arrêterait au mariage de Katia, histoire de finir sur une note positive, étant donné que l'histoire s'adresse quand même pas mal à des jeunes filles en fleur. Hé bien pas du tout ! Et c'est d'ailleurs une de leurs qualités : en évitant d'édulcorer la fin et de tourner plutôt au sad ending (comme dans la réalité), le récit adopte un ton un poil plus mature et moins gnangnan. Si le contexte politique et sociétaire n'est pas vraiment développé - c'est à peine si l'une des terroristes (Sophia Perovskaïa ?) explique en une phrase leurs motivations : ''Ce n'est pas l'amélioration de l'ordre social que nous voulons, c'est sa destruction !'' - la haine que déclenche la relation de Katia avec l'empereur est bien présente et préfigure en quelque sorte les calomnies et les rumeurs qui s'attaqueront à Raspoutine quelques trente ans plus tard. On aurait pu espérer une mise dans le contexte plus équilibrée et moins lacunaire, mais en même temps le film revendique clairement ses libertés prises avec l'histoire, allant même jusqu'à indiquer au début du film :


Tout est dit !

Quant à la représentation de l'attentat, elle reste assez libre. Mais si celle de 1959 tourne au n'importe quoi, la version 1938 reste plutôt sobre et ne montre pas vraiment ce qui s'est passé, ce qui permet au spectateur de se faire sa propre idée sans pour autant que cette représentation ne nuise à la vérité historique, ce qui n'était pas du tout le cas de la version 1959 (ce n'est pas pour rien si je n'aime vraiment pas cette version 1959). La scène en question est assez libre et permet aux protagonistes de se parler une dernière fois et de se dire adieu, alors que la vraie Katia n'eut jamais cette occasion (l'empereur était déjà pratiquement mort lorsqu'on le ramena au palais et surtout inconscient). Mais je la trouve plutôt bien faite dans son registre dramatique.


Katia assistant aux derniers instants de l'empereur

Comme dans la réalité, Katia voit donc mourir l'empereur sous ses yeux puis se voit obligée de quitter la Russie où elle n'a déjà plus sa place. Seule cette fois-ci, contrairement à la situation réelle où elle se retrouve avec trois jeunes orphelins à élever (deux dans la version Bibesco). Elle se retrouve seule pour pleurer son chagrin, seule pour célébrer individuellement les funérailles de l'homme qu'elle aimait, seule pour se rendre à ses funérailles officielles. Avant de partir, elle demande au général Potapov si le nouveau tsar pense promulguer la Constitution. Devant la réponse négative du générale, Katia murmure : ''Pauvre Russie !''. Prédiction oh combien justifiée quand on connaît la suite de l'Histoire russe !
        

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